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Quel monde monotone, misérable, infamant que celui-là, dans lequel toutes choses sont soigneusement étiquetées et repérées, comme les bocaux mal colorés d’un pharmacien ou les archives d’une police ! Pour remonter de ce puits trop étroit, le Merveilleux est l’unique corde, le Merveilleux qui prend naissance dans le refus de cette logique stupide comme toutes les bornes, et dans une vaste aspiration vers le nouveau, l’inconnaissable, l’énorme forêt pleine d’aventures et de périls, le sol vierge ou nul chemin n’est tracé, la lande absolument pure de l’esprit qu’aucune charrue logique jamais n’a déchirée.
in Essai sur le merveilleux, Michel Leiris